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05/07/2005

Joyeux Bordel.

medium_puzzled.jpgLa première partie de la réforme du système a été mise en place le premier juillet, l’adoption de la CCAM aura lieu mi septembre.
Autant le dire, bien que « professionnel de santé », je n’y comprends pas grand-chose…
Je ne suis pas le seul, et même le personnel de la CPAM a du mal à répondre parfois.
Le pire de tout, est que cette réforme qualifiée politiquement de « majeure », ne va strictement rien changer à l’emballement fou du système de santé.
Les patients vont toujours demander plus de soins à des professionnels qui vont s’empresser de les dispenser.
Rien ne va changer, mis à part le travail administratif de chaque médecin, qui va encore se majorer.
J’ai fait médecine pour soigner des gens, pas pour faire des papiers.
Enfin, le choix du médecin traitant me semble illusoire. L’immense majorité des patients que je croise ne pratiquent pas le « nomadisme médical » tant décrié. Je ne vois là qu’une nième fausse bonne raison pour contrôler notre activité.
Comme je l’ai déjà écrit ailleurs (je ne sais plus où…), les cotations univoques de la CCAM sont un moyen supplémentaire pour nous fliquer et contrôler notre activité. Tout le monde s’en défend, mais c’est ce qui va arriver. Le dogme du libre exercice de notre pratique me semble en danger.
Nous l’avons probablement mérité, mais je regrette d’avoir à subir ces vagues successives de réformes, pour des excès dont je ne suis pas responsable.
D’un autre côté, j’ai vu près de six patients par semaine au cabinet sur les deux dernières semaines, et 3 ce lundi.
Prenez garde, je commence à creuser le trou de la sécu avec ma petite cuillère en plastic !!

J’ai appris une chose incroyable vendredi dernier.
Un ancien haut responsable du contrôle médical à la CPAM m’a dit qu’il doutait que cette dernière soit prête à appliquer cette réforme.
Ce n’est pas cela le scoop, n’importe qui peut s’en rendre compte simplement en leur demandant un renseignement, même simple.
Il m’a appris que l’on pouvait acheter une carte vitale dans certains marchés de la ville.
Quel intérêt ?
Il est immense pour les sans papiers, qui peuvent ainsi se faire soigner, et être pris en charge. Evidemment, les CMU et les 100% sont les plus recherchées…
Je n’avais même jamais pensé à cela !
Par ailleurs, il était aussi particulièrement dubitatif sur l’efficacité de tout ce tintouin.

Un autre gros bordel, qui m’exaspère malgré ma relative imperméabilité à la politique française. Je trouve incroyable le vent déplacé par notre actuel Ministre de l’Intérieur.
J’ai lu dans le TGV le « Canard Enchaîné » de la semaine dernière, et mes craintes, fondées sur les quelques signes que j’avais décelé depuis que ce personnage est sorti du néant politique, m’ont parues bien candides.
Ce numéro démonte assez bien le personnage, et rend son éventuel accès à l’Elysée en 2007 bien inquiétant.
Je m’imagine déjà avec une certaine gêne, glisser un bulletin de gauche au second tour…
Tout mais pas lui, même Jospin, même DSK voire Fabius (mais quand même pas Jack Lang).
Mon Dieu, mon Dieu (auquel je ne crois pas), faites qu’il trébuche du fait de son « Ubris ».

21:30 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (1)

Le patient anglais

medium_dragon.jpgIl oscille de droite à gauche par terre, sans parvenir à se relever.
Sa face rouge cramoisie est hilare, recouverte de télangiectasies rouges plus foncées. Il essaye vainement de s’agripper à sa femme afin de se verticaliser.
Chaque échec, et nouvelle dégringolade s’accompagnent d’une nouvelle crise de fou rire.
Quand il arrive à annoner trois mots de suite, se dévoile un accent anglais très prononcé.
Il me regarde : « Salut Doc… ».
Sa main droite se crispe sur un morcaeu de tissu noir, que j'identifirai plus tard comme un béret basque.
Encore un anglo-saxon nostalgique du cliché du français profond!
Il tousse, s’étouffe, et vire au rouge fonçé.
Je l'empoigne sous un bras, sa femme sous l'autre, mais après examen, elle me parait aussi imbibée que lui. Manquerait plus qu’il me vomisse dessus, et elle aussi, par solidarité.
Nous sommes en plein milieu du Hall du département de cardio du CHU, et cet homme qui s’est traîné là sans raison, à l’opposé du service des consultations est mon dernier patient de ce jour.

Tout va bien, la consultation va être rock’nroll.
Et je suis déjà en retard pour aller à la clinique...