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29/01/2007
L’orée du bois.
J’ai bataillé pendant 3 heures pour ventiler un patient qui faisait à première vue des bronchospasmes. Patient inventilable par intermittence avec une radiographie du thorax satisfaisante et une ventilation symétrique quand elle se fait. La gazométrie n’est pas si dramatique que cela. Le patient est étiqueté « insuffisant respiratoire ».
Bien sûr, avec les à-coups tensionnels, le patient se met à saigner la rage (800cc en 5 minutes) et j’appelle le chirurgien et l’anesthésiste pour le reprendre. Arrêt, massé, récupéré.
Comme entre temps, il s’est arrêté de saigner, mais toujours inventilable, l’anesthésiste lui tourne autour et le chirurgien ne veut pas le reprendre.
Doses folles d’hypnovel et de fentanyl, curare, salbutamol, adrénaline, rien de fait passer le bronchospasme. L'anesthésiste, un vieux de la veille me raconte les 20 bronchospasmes qu'il a rencontré au cours de sa carrière.
Puis au bout de ¾ d’heure, il jette un coup d’œil au laryngoscope.
« Tu as un doute ? »
« Puisque je suis là…. »
Et en fait, le bout de la sonde était à raz de la glotte. D’où bien sûr la ventilation intermittente, et le peu de signes évoquant une sonde pas en place.
J’aurais appris un grand truc ce soir : la perversité de la sonde à l’orée du bois…
23:20 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (4)




