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02/04/2007
Histoire d’ECG.
Encore une, me direz-vous mais l’ECG et sa science sont infinis.
Amen.
En l’occurrence, Amène.
Vous allez comprendre.
Ce matin, je vois un patient en consultation, adressé par un service de gastro-entérologie.
82 ans, colite ischémique, ulcère duodénal ancien, pas vraiment interrogeable (Parkinson).
Le courrier me demande une conduite à tenir devant une fibrillation auriculaire diagnostiquée le 21/03 sur un ECG. Le courrier précise aussi que l’ECG du 23/03 est sinusal mais en BAV du premier degré.
Je regarde l’ECG joint : sinusal, il est de bonne qualité et date du 26/03. Il y a en effet un BAV 1.
Bon, que faire ?
L’indication de l’anticoagulation est un peu délicate chez ce patient (Quel est son entourage social ? Pourra-t-il gérer les AVK, une fois sorti du service ? Tombe-t-il souvent ? Quid de son ulcère duodénal ?...).
Mais primo, il me faut récupérer les ECG.
Encore une autre règle d’or en cardiologie : ne jamais faire confiance à un autre pour interpréter un ECG. Notamment un non cardiologue.
Je téléphone, tombe sur interne qui n’est pas au courant (c’est un pléonasme, le lundi matin). Toutefois il me fait descendre les tracés.
Le tracé du 23/03 est en sinusal, tout comme celui du 21/03. Mais ce dernier est tellement parasité qu’on pourrait en effet croire en une fibrillation auriculaire.
Courrier de réponse (de mémoire) :
« Cher confrère,
Merci de m’avoir adressé Monsieur XXX, âgé de 82 ans, pour une fibrillation auriculaire.
Le tracé du 21/03 est d’une qualité technique déplorable, mais on peut toutefois voir qu’il est sinusal.
Il n’y a donc aucune conduite à tenir particulière, si ce n’est d’insister auprès des personnes qui font les ECG sur l’importance d’obtenir des tracés de bonne qualité.
Je vous laisse imaginer les conséquences médicales et médico-légales d’un diagnostic porté à tort sur un tracé ECG de mauvaise qualité.
Bien confraternellement.
Dr Lawrence Passmore ».
Et encore, dans ce cas, il n’avaient pas traité cette supposée fibrillation auriculaire (ce qui est d'ailleurs assez curieux puisque entre le jour de constatation et aujourd’hui, se sont écoulés près de 13 jours).
L’an dernier, un patient s’était pris 5 jours de calciparine pour un tracé parasité.
12:04 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (8)




