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30/08/2007
La mondialisation.
Chaque fois que j’entends ce mot, je pense au train en bois de mes fils.
Non non, les vacances ne commencent pas à peser sur mon carafon, car j’y pensais déjà, avant.
Vous allez comprendre (j’espère, sinon c’est que je suis resté trop longtemps devant mon écran).
Un jour, il y a longtemps, je trouve dans un grand magasin parisien un magnifique train en bois de la marque Brio.
Je me dis que ce train va faire fondre mon fils (et moi aussi, bien sûr).
[Au début j'avais mis "mes fils", mais Sally qui est au courant m'a précisé qu'à l'époque nous n'en avions qu'un. Je lui fais confiance]
Je pense que vous vous êtes rendus compte que les papas achètent à leurs enfants, leurs fils en particulier, des jouets qui leur font envie tout d’abord à eux.
Ou comment cacher pudiquement un cadeau que l’on se fait d’abord à soi même par une démonstration, si possible bruyante, d’amour paternel.
Les enfants ont été ravis, le papa aussi.
Après, comme ils grandissent, je commence à rechercher des extensions de rails, de nouvelles locomotives et wagons.
A chaque fois, comme la première, la note est assez salée.
Puis un jour, dans un magasin d’une grande chaîne américaine spécialisée dans les jouets (vous voyez de qui je veux parler ?) je retrouve les mêmes rails, des locomotives et des wagons pour un prix largement inférieur à celui de Brio. D’ailleurs, ce grand magasin vend aussi du Brio au même prix que celui que j’avais trouvé à Paris.
Pas 15-20% en moins, mais 3 à 4 fois moins.
Pour le prix d’une loco électrique brio, vous pouvez vous acheter la gare du Nord (j’exagère un peu).
La marque est celle du distributeur, le matériel un peu moins solide (3 rails cassés et recollés en 3 ans contre 0 pour Brio), mais pas de différence qui pourrait justifier un tel écart de prix.
Où donc se situe le delta ?
Brio replante les arbres, les autres non ?
Brio n’emploie que des ouvriers majeurs et la colle à bois qu’ils utilisent n’est pas cancérigène ? (les produits cancérigènes sont toujours moins chers...)
Brio fabrique ses rails en Suède, les autres en Chine ? (Là, je connais la réponse, Brio fait fabriquer ses rails en Thaïlande)
Brio recycle sa peinture faite à partir de pigments naturels, alors que les autres rejettent de la dioxine et du plomb dans le Yangzi Jiang, tuant le dernier dauphin ?
Brio assure une sécurité sociale chez ses employés jusqu’à leur mort aux environs de 80 ans, les autres non, et l’espérance de leurs employés est de 37 ans ?
Que faire ?
Acheter plus cher pour acheter éthique ? Acheter moins pour acheter mieux ?
Ca semble être la solution, mais dans ce cas, autant arrêter d’acheter tout cours, car je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais tout, absolument tout (les jouets et le reste) vient de Chine. Le clavier sur lequel je tape actuellement, l’écran sur lequel je me lis et le votre, les serveurs qui véhiculent cette information viennent probablement de là. Ne riez pas, le thé que vous buvez en me lisant, aussi.
C’est cela la mondialisation, donner à notre population l’impression d’une égalité illusoire et du droit au bonheur consumériste (presque un pléonasme) au prix de l’exploitation de la nature et des êtres humains de l’autre côté de la planète.
Heureusement, c’est loin.
Vivement pour eux qu'ils soient aussi développés que nous (ils pourront s'acheter des trains Brio fabriqués en Suède...).
Sur ce, je retourne lire les aventures de Ram Mohammad Thomas (ouvrage imprimé en France).
14:50 Publié dans ma vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (5)
Bolittérature.
Encore une excellente surprise dans mes pérégrinations littéraires de l’été.
Ce roman publié en France en 2006, est la première œuvre (et j’espère, pas la dernière) d’un diplomate de métier, Vikas Swarup.
Avec un humour très pince sans rire (plus britannique que celui des britanniques), il raconte la vie picaresque d’un misérable et sympathique serveur de restaurant dont le nom, Ram Mohammad Thomas est déjà une promesse de dépaysement « insensé » (dommage qu’il n’y ait pas d’adjectif à « non-sens ») dans un sous continent grouillant d’hommes autant que de dieux.
Bon, je n’ai pas fini (page 88, édition de poche), mais c’est excellent.
Ceux qui suivent ce blog doivent se demander comment était la fin de « Pour le meilleur et pour l’Empire ».
Et bien, je n’en ai aucune idée, car j’ai perdu mon bouquin dans un transfert de bagages et je suis incapable de remettre la main dessus. Je vais m’en racheter un exemplaire aujourd’hui même.
L’expression transfert de bagage peut à la rigueur évoquer une correspondance improbable dans un aéroport exotique, mais la réalité est bien plus triviale.
J’ai réussi à perdre ce livre dans ma Peugeot Partner.
Et là, ça fait tout de suite moins rêver…
13:56 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (7)




